2

On remercie Pignon pour ce résumé épique très complet du beau week-end que nous venons de passer.

N’hésitez pas non plus à aller découvrir la dream-team qui part à la tournée sur http://tournee2010ert.free.fr/

2

Résumé du Top 8

C’est tout simplement un tournoi mythique qui s’achève. Des hommes, des bières, du combat et la liesse de la foule, tous les ingrédients étaient réunis cette année pour faire de cette fête à Marcourssis un tournoi  réussi (ça rime).

2

Day 1

Au tirage, l’ERT héritait d’une poule relevée avec les montagnards Grenoblois, à la peau endurci par le froid et la neige, les flèches d’HEC, aux flamboyants trois-quarts, les guerriers de la SCEP, vaillants champions de France de l’année dernière, et les « Boys » de Rouen, portés par tout leur public.

Pour entrer leur premier match contre Grenoble, les ERTmen s’en remettaient à la verve du meilleur d’entre eux, Ropéro. Par un discours galvanisateur, celui qui avait pour l’occasion sorti son double vitrage lançait ses coéquipiers à l’assaut de la montagne. Les chocs étaient rudes, les placages engagés.  Mais au plus fort de la bataille, Rafalaga surgit. Sur une touche rapidement jouée dans ses 22 mètres par un Fafa inspiré, la ligne de ¾ créait le décalage et lançait comme une fusée un noir qui n’en demandait pas tant pour faire parler sa formidable célérité. L’essai transformé par son botteur chirurgical, l’ERT sortait les barbelés pour repousser les assauts répétés des hommes des alpages. Mais la traitrise vint en fin de match : sur pénalité à jouer pour l’ERT, les bergers adverses se rendaient coupables d’un attentat sur Clem avant le coup de sifflet de l’arbitre. Comme un seul homme, les ERTmen volaient au secours de leur vaillent demi de mêlée, déjà affairé à se faire justice lui-même.  La Musse faisait parler la poudre et le sang (de Fafa) coulait. Rien n’y faisait, et l’ERT s’imposait sur le score final de 7 à 6.

Pour son 2e match, l’ERT retrouvait son éternel rival, son frère ennemi, son plus terrible adversaire, Sup de Co Jouy-en-Josas. Dans un match d’un niveau exceptionnel, les 2 équipes se rendirent coup pour coup. Relances, contres, courses enflammées alternaient avec percussions, tampons, et mauls bien structurés.  Aculé dans son camp comme jamais pendant l’essentiel  de la 1ere mi-temps, l’ERT ployait mais ne rompait pas. 0-0 à la mi-temps. Après le début de la 2e mi-temps, comme trop souvent cette année, HEC marquait sur un beau décalage de ses trois-quarts, mais Fafa maintenait la pression sur une pénalité. Mené 5 à 3 à 10 minutes de la fin, l’ERT jetait ses dernières forces dans la bataille. Le pack conquérant enfonçait l’axe du terrain pour mettre son précieux buteur en position de drop. Malheureusement, Fafa par 2 fois et Rom une fois manquait la mire et ne pouvaient concrétiser la domination de leurs avants. L’ERT s’inclinait donc 5 à 3, pour conclure la 1ère journée du tournoi.

2

Day 2

Le lendemain, l’ERT affrontait l’hôte du tournoi, les terribles Rouennais. Portés par une foule en liesse sur les bords du terrain, les locaux attaquaient le match tambour battant. Dans un vacarme assourdissant digne de Mayol ou Marcel Michelin, l’adversaire donnait l’impression de jouer à 16 ou 17. C’est uni comme un seul homme que les ERTmen choisirent de répondre. Emmenée par ses leaders de jeu et  la vista de Marc W.,  portée par ses quelques supportrices qui ne manquaient pas de donner de la voix, l’ESSEC répondait présent en trouvant l’en-but adverse par deux fois, grâce à Charly et un deuxième homme dont je ne me souviens plus (Rom je crois). Renforcée par l’entrée sur le terrain de Julien qui comblait les failles dans les rares moments de doutes, l’ERT s’imposait sans encaisser le moindre point 12 à 0. L’ERT restait en course pour la qualification.

Le dernier match de poule, contre la SCEP sidi était avancé à 15h pour libérer à temps les joueurs pour la demi-finale Toulon-Clermont. Et si les mines réjouies des retrouvailles illuminaient les coursives avant le match, c’est en vrais combattants que les 2 parties attaquaient le match. C’est la SCEP qui ouvrait le score, sur une attaque au large et un des seuls placages manqués du week-end. Mais alors l’ERT voyait rouge : porté par un Fafa en état de grâce, un Rom percutant, un Clem vif comme l’éclair, le rouleau compresseur se mettait en marche. Fafa puis Clem aplatissait en conclusion de sublimes efforts collectifs. Mauls, redoublées, jeu au large, tout l’arsenal de bataille de l’ERT y passait. Et le match passait logiquement aux mains de l’ERT à 5 minutes de la fin. Pourtant, la destinée en décidait autrement. Sur un nième ballon volé en touche par l’alignement de l’ERT, le 7 adverse surgissait de nulle part pour intercepter une passe de Auré pour Rom. Et s’offrir un essai après une magnifique course de 70 mètres. Cet essai, qui amenait le match nul 14 partout ne compromettait pas la qualification de l’ESSEC mais venait entacher le beau parcours de l’ESSEC, qui héritait de Dauphine pour sa demi-finale le lendemain.

Le Samedi soir, l’ERT s’offrait un match supplémentaire pour s’offrir son trophée de cœur depuis 4 ans au Topé Ocho : le trophée de l’ambiance. Si les autres demi-finalistes quittaient très tôt le navire (c’est le cas de le dire puisque la fête avait lieu sur une péniche), l’ERT jetait ses forces dans la bataille. Emmené par ses leaders de teuf, Kerim, Max au Stan, l’ERT produisait son plus beau jeu depuis très longtemps.  La bandas présente n’arrangeait rien et Fafa et Clem lançaient Paquito sur Paquito. Comble du comble, Dauphine avait laissé sur place son équipe de cagoles/Pom-pom girls (aux charmes desquelles  plusieurs ne furent pas insensibles) avec pour mission de payer des consos aux vaillants combattant de l’ESSEC. Lesquels ne s’échappaient pas. Bref, c’est une équipe quasiment au complet qui fermait le bar, la teuf et la péniche sur le coup de 3h30/4h du matin…

2

Day 3

Si la victoire est assurément belle, il est des journées qui même dans la défaite valent la peine d’être vécues. Le récit qui va suivre raconte une journée comme celle-ci.

L’ERT avait rendez-vous à 9h30 à Marcoussis pour le coup d’envoi de sa demi-finale. C’est donc 15 fiers guerriers qui se présentèrent vers 9h50 pour défendre leurs couleurs et le maillot blanc et noir. Depuis la veille, l’ensemble de l’opinion publique leur promettait mille morts face à la meilleure équipe du tournoi, face au champion d’Ile-de-France 2010, face à l’équipe qui lui avait donné une leçon de rugby 36-5 au mois de novembre. La soirée de la veille n’incitait pas à l’optimisme. Les heures de sommeil de chacun se comptaient sur les doigts d’une main quand le grammage d’alcool en nécessitait deux. 15 fiers guerriers donc, promis à une mort certaine, mais qui marchaient fièrement vers elle. 15 gladiateurs, et pas un de plus, qui entraient dans l’arène, sans autre horizon que le sang et la sueur à verser pendant les 40 prochaines minutes. 15 frères d’armes, comme à la grande époque. Le coup d’envoi donné par Fafa annonçait la couleur du match à venir : l’ERT vendrait chèrement sa peau. Dans un élan de fighting spirit descendu tout droit du Valhala, l’ERT ne cédait pas un pouce de terrain. De placage en maul, chaque mètre était défendu comme un dernier rempart. Les rares ballons d’attaques étaient négociés avec un puissant réalisme, et la bote de Fafa renvoyait les orgueilleux adversaires dans leur moitié de terrain. Et Dauphine se mit à douter. A 0-0 à la mi-temps, leur certitudes s’étaient envolées, leur confiance évaporée, taillée en pièce par le courage, l’abnégation et la détermination de CES HOMMES-LA que personne, à part eux-mêmes, n’attendait à ce niveau-là. C’était David renversant Goliath, Thésée terrassant le Minotaure. La 2e mi-temps se joua sur la même tonalité que la première : le courage face au doute, l’envie face à l’arrogance. Pourtant, Dauphine fini par marquer. Sur une touche parfaitement négocié, Dauphine structurait un maul limpide, et malgré un premier arrêt, la rage des blancs et noirs ne pouvaient obtenir un second et le ballon finissait aplati dans l’en-but. C’était trop pour l’ERT, à qui les forces commençaient à manquer. Le match s’achevait sur le même rythme, mais l’ERT ne parvenait pas à refaire son retard. Et s’inclinait donc, 7 à 0. La bataille était perdue, mais les hommes mourraient l’arme à la main. Pour l’anecdote, le match s’achevait sur une superbe générale, bien aidée, il faut dire par un joueur de la SCEP, venu compléter la 3e ligne de l’ESSEC, pas tendre ni manchot dans les rucks.  Un placage à retardement sur Max lançait Doud Sa. Les coups partirent, Joseph assomma un type, Max cassait le nez d’un autre. L’honneur était sauf. Le match s’achevait sans haies d’honneur.

Le match de classement pour la 3e place face à l’EDHEC était anecdotique. L’ESSEC n’ayant plus de force à offrir. Pour info, Dauphine gagne le tournoi sur une ample victoire sur HEC 18 à 0.

2

De cette journée et de ce tournoi, chacun retiendra un fait de son choix, une blessure, une action, un essai. L’Histoire, elle, retiendra une poignée de braves qui se battirent jusqu’au bout pour l’amour du maillot blanc et noir, annonçant, qui sait, le début d’une nouvelle grande époque…